RANNOU d'Elliant & d'ailleurs


Lors de mes recherches concernant les Soldats d'origine bretonne morts pendant la Guerre 14/18, j'ai visité de nombreux cimetières militaires dans l'Aisne.
Je me suis arrêté à celui de Mons en Laonnois et j'ai été troublé par l'absurdité de ces conflits puisque comme vous le verrez dans les photos ci après un des soldats allemands enterré dans ce cimetière est de Confession Juive.
J'espère que ses parents et ses descendants non pas eu à subir eux aussi ce qui s'est passé lors de la seconde Guerre Mondiale, lui, et même si il était du côté allemand est mort pour son Pays.
Livre contenant la liste des Soldats inhumés dans ce Cimetière
Plan du Cimetière
Plaque à l'entrée du Cimetière
Ossuaire
Vue d'ensemble
Pierre Tombale d'un Soldat Allemand de Confession Juive
Si vous souhaité avoir plus de détails sur ce Cimetière ou sur les Nécropoles de l'Aisne:
http://www.memorial-chemindesdames.fr/pages/presentation.asp
Carte Postale datée du 28/06/1915
L'expéditeur de la carte postale écrit:
"Je vous envoie un petit coin des ruines de Carency après la Victoire, c'est saisissant de cette coquette bourgade, il ne reste rien et les ruines sont encore marmitées tous les jours"
extrait de la Revue "les Annales" les ruines de Carency.
L'article sur Carency est signé Maurice BARRES de l'Académie Française:
" Carency! C'est là que les allemands ont trouvé leur obstacle et leur limite.
Vous connaissez l'histoire. C'était en octobre 1914; Maître du bassin houiller,
ils voulaient s'établir sur les collines de l'Artois. Ils venaient de saisir de hautes
luttes, Notre Dame de Lorette, Souchez, Ablain St Nazaire.
Dans la nuit du 5 au 6 octobre, ils prirent d'assaut Carency. Du moins ils le prirent au 3/4
sa dernière maison, dont je regarde les décombres, la brasserie de Carency
leur échappa toujours.
Neuf mois durant, ce village de rien du tout est demeuré mi-français, mi-bavarois. On s'y
fusillait, sans pouvoir avancer ni d'un côté ni de l'autre. Est-ce ici ou bien à Neuville
St Vaast que e place l'histoire de la vache internationale?
Cette vache habitait au village, ou les bôches la trayaient; elle patûrait dans les prairies
ou les notres profitait de son lait. Des correspondances homériques s'échangeaient
entre les 2 camps, attachés à la queue de la bête. Un obus en fût un jour, la fin.
Quelle forteresse colossale, durant ces 9 mois, les allemands oganisèrent sur les hauteurs
et les alentours de Notre Dame de Lorette, sur ces positions extrêmes qui séparent l'Artois et les Flandres
les familles françaises en deuil ne le savent que trop. Ils étaient là dedans, insensibles à la mitraille,
attendant l'heure de notre assaut pour ressurgir à la lumière.
Quels obus à grande capacité d'explosifs ne faudrait-il pas pour fouiller de tels réduits et y anéantir la bête!
Cependant, nous avons percé ce front intangible allemand, et tout au moins nous l'avons déplacé.
Je n'oublierai jamais le nombre d'heures que j'ai passées à causer avec les soldats, paysans
ou parigots, dans les friches boulversées qui furent les jardins ou les vergers de Carency.
Quelle beauté morale chez ces hommes, quelle abnégationtoute simple, quelle parfaite
bonté, et quelle ignorance émouvante de leur propre grandeur! J'admire nos officiers,
à qui le Général allemand commandant "a division de fer et de sang" (celle qu'on jette dans
la mélée pour répondre à nos plus ardentes offensifs) a rendu cet hommage de dire:
Les officiers français courent en avant de leurs hommes, et cette bravoure excessive les a rendus
presque populaires parmi les soldats allemands".
Mais je médite et, je comprends de tout mon coeur ce que nos chefs, précisement,
disent tous de leurs soldats, de l'homme des tranchées:
- C'est à se mettre à genoux devant lui. A chaque fois qu'on les rencontre, ces paysans déguisés en soldats
qui songent aux gens et aux choses de chez eux plus qu'à manger tout crus le coeur et le foie des Boches,
qui tiennent sans une plainte et qui disent paisiblement "qu'on les aura" n'éprouvez vous
pas une sorte de révélation religieuse? Comme ils se dévouent pour une cause qui dépasse
chacun de nous! ils iront jusqu'au bout, tant qu'il faudra."
François Yves QUEIGNEC est né à Elliant le 16 avril 1884, fils de Yves Guillaume, Cultivateur & Marie BOURHIS originaire de Coray.
S/s Lieutenant au 33ème Régiment d'Infanterie Coloniale, son nom est mentionné le 19 aout 1917 dans le Journal des Marches & Opérations.
"Le 19 aout 1917 à 3h30 environ l'ennemi ayant attaqué le C.R. Village-Nègre, le Bataillon est alerté, Il ne marche qu'un peloton de la 1ère C.T.S. qui est envoyé à Badonviller pour être plus à proximité, mais qui n'est pas employé.
Le soir, vers 21h le groupe franc du Bataillon est misà la disposition du C.R. Village Nègre.
Le groupe franc a été créé vers le 25 juillet et comprend une section par Bataillon, ainsi composée: 1 officier (QUEIGNEC), 2 S/s officiers, 10 hommes par compagnie, moins la CM. La section franche de chaque bataillon stationne en principe auprès du PC du Chef de Bataillon. Les hommes sont recrutés par des volontaires (peu nombreux au début) ou d'office. Le chef de Bataillon n'accepte que de bons soldats.
Le 15 février 1918 à 5h30, commencement d'un tir violent d'artillerie ennemi sur le P.A. de droite, faisant présager d'un coup de main. Peu à peu le tir se déplace vers la droite indiquant que le coup de main s'effectue sur le C.R. à notre droite. A 6h45 tout est terminé, il n'y a pas eu attaque sur notre front.
Pertes: 1 Caporal et 3 hommes tués, dont 3 par éboulements d'abris, 7 blessés
du 16 au 19 février: Rien de particulier
le 20 février 1918 vers21h00, déclenchement d'un violent tir d'artillerie réciproque assez loin à gauche (C.R. Jaulny probablement) Il est à présumer que ce sont les Boches qui ont demandé le tir les premiers. En tout cas leur barrage s'étend jusque sur nos premières lignes, très peu de profondeur. A l'ouvrage du 134 (au Quartier DUPUIS), le S/s Lieutenant QUEIGNEC est tué par une torpille (il est tué alors qu'il allait visiter ses guetteurs), ains que le Caporal REYNAUD (14ème Cie), à la 13ème le Solda BUGUELLOU est blessé."
François Yves QUEIGNEC aurait eu 24 ans le 16 avril.
Il est inhumé une première fois au Cimetière n°4 de Marbotte (55) & tranféré le 09/05/1922 à la Nécropole Nationale de Marbotte (55);
François Yves QUEIGNEC est un descendant de Jehan RANNOU & Catherine COSTIOU, vous pourrez trouver dans quelques jours sur le Site: http://gcrc.phpnet.org/ , son ascendance complète.
J'ai découvert lors de mes recherches un acte de mariage célébré le 11 novembre 1915 à Arcueil Cachan.
«Article 1. – En temps de guerre, pour causes graves et sur autorisation du ministre de
la justice et du ministre de la guerre ou du ministre de la marine, il peut être procédé à la
célébration du mariage des militaires et des marins sans que le futur époux, s’il est présent
sous les drapeaux, soit obligé de comparaître en personne et à la condition qu’il soit représenté
par un fondé de procuration spéciale.
Dans ce cas, le délai de trente jours francs prévu par les articles 151 et 154 du Code civil
sera réduit à quinze jours francs.
La procuration, dont il sera fait mention dans l’acte de mariage, sera établie conformément
à la loi du 8 juin 1893 et dispensée des droits de timbre et d’enregistrement.
Article 2. – La présente loi est applicable à l’Algérie et aux colonies. »
Entrée en vigueur le 4 avril 1915, la loi a été adoptée dans l’urgence. En
effet, Édouard Herriot, le 8 février 1915, dans le quotidien Le Journal,
demande au Garde des Sceaux de permettre le mariage par procuration des
militaires mobilisés6. Dix jours après la publication de cet article, la machine
parlementaire est en marche, puisqu’Aristide Briand dépose alors son projet
de loi. Dans le rapport rédigé par la commission qui l’examine, le sénateur
Catalogne introduit la loi par un commentaire évocateur : « l’état de guerre
impose parfois des solutions rapides »7. Cette prescription est suivie par le
Sénat qui, dans la séance du 18 mars 1915, déclare à l’unanimité la mise en
place d’une procédure d’urgence. Les sénateurs adoptent le jour-même le
projet, après une très courte discussion. Les députés font de même le 1er avril
1915. Ainsi, entre le dépôt du projet de loi le 18 février 1915 et sa mise en
application le 4 avril 1915, moins de deux mois se sont-ils écoulés.
La loi est, dans un premier temps, précisée par une circulaire ministérielle
du 8 avril 1915. Elle est ensuite retouchée par une loi du 19 août 1915 qui
élargit le mariage par procuration aux prisonniers, et par celle du 30 mars
1916 qui autorise le divorce à distance.
Loi exceptionnelle pour faire face à une situation conjugale inhabituelle,
provisoire puisque prévue pour la durée de la guerre, votée dans l’urgence, la
loi sur le mariage par procuration, malgré son échec relatif8, déconcerte,
6. Edouard HERRIOT, « Requête à M. le Garde des Sceaux », Le Journal, 8 février 1915.
7. Archives Nationales, Paris, C 7643,
« Projets et propositions tendant à modifier les articles du Codedossier 3 708.
civil »,
8. Supra, p. 152.
intrigue ou dérange car elle questionne l’éminente institution du mariage. Elle
investit le couple marié d’un rôle capital pour la réussite de la guerre, tente de
sauvegarder le lien conjugal en intégrant l’absence et la souffrance de la séparation,
et pousse les contemporains à réfléchir sur le sens de l’institution maritale.
Cette loi met finalement en visibilité des tensions existantes autour de l’image
du couple pendant la guerre, car son caractère exceptionnel rend nécessaire la
justification et l’argumentation, ce qui conduit à mettre en lumière des données
sur les pratiques, ainsi que des propositions de réflexions sur le mariage.





Les photos et textes de ce blog ne sont pas libres de droit.
veuillez me contacter avant toute utilisation en dehors du cadre strictement privé, que le but soit commercial ou non.
En vertu de l’article L122-4 du code de la propriété intellectuelle, toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite sans le consentement de l’auteur est illicite.
| Janvier 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | 31 | |||||||||
|
||||||||||